LIVRE
DE BORD
"La Seine... la plus belle voie de commerce formée
par la nature".
C'est ainsi qu'un géographe grec, du nom de STRABON,
décrivait la Seine il y a 2000 ans.
>>
8h00 Rendez-vous à Honfleur dans l'avant-port.
Le Bananec n'attend plus que SEQUANA-NORMANDIE pour appareiller.
A son bord, Claude le capitaine et Claude un équipier s'affairent
aux préparatifs du départ. Le ciel est gris sur Honfleur...
mais je suis pleine d'espoir, le ciel possède des tons rosés
vers l'est... et justement c'est notre direction. Je n'ai pas voulu écouter
la météo pour conjurer le mauvais sort !! Drôle d'équipière
!
Mon périple... de HONFLEUR à CAUDEBEC-EN-CAUX
cliquez sur la carte pour accéder au plan détaillé
HONFLEUR
>>Il nous faut tout d'abord passer le sas d'Honfleur
construit il y a quelques années. En cette période de l'année,
les touristes se font rares... le Bananec est le seul voilier a vouloir
y entrer mais le sas possède des horaires administratifs...
et quelle rigueur ! Pas une minute en avance ! Pas une minute en retard
! En attendant, on fait quelques ronds dans l'avant-port... pendant ce
temps-là, je m'installe à l'avant du bateau. Je ne veux absolument
rien raté du paysage.
C'est depuis ce radar d'Honfleur que tous les mouvements de navigation
(commerciale, de plaisance, de pêche ) en Seine et sur rade sont
surveillés sur les écrans
L'estuaire de la Seine...vue depuis le
Pont de Normandie - tablier à 50m de haut
A gauche, sortie du port de Honfleur... on
devine le radar
A droite, la zone portuaire du Havre et les
deux cheminées de la centrale EDF... un amer pour les marins.
Photo prise par beau temps ... 18 juin 2000
PK 355 (LE
PK... c'est le POINT KILOMÉTRIQUE). Les quais de Seine
sont jalonnés de PK... qui sont des points de repère
pour les cargos. Le PK 0 se situe à Paris au niveau du pont Marie
situé derrière la Cathédrale Notre-Dame. De Paris
à la mer...365 km.
Entre deux PK, il y a un kilométrage partiel
: de 0 à 40, les chiffres sont espacés tous les 25 mètres-
Les quais de Seine de Honfleur sont gérés par le PORT
AUTONOME DE ROUEN.
Ils comprennent :
>> C'est à ce moment qu'a choisit la DRAGUE RONCERAY pour nous dépasser -à bâbord-... SUPER ! un clic et la photo et dans la boîte pour mes lecteurs ! .....

.... J'étais alors loin d'imaginer que la drague allait nous
couper la route pour aller à tribord...
Vous imaginez la suite.... l'onde, provoquée par la vitesse
et la courte distance de la drague, est sans pitié pour le Bananec
et son équipage. Nathalie, accroche toi !! me crie le Capitaine.
Pas le temps de photographier la grosse vague... je suis à l'avant
du voilier et les sensations sont garanties. Zut ! Zut ! Quelle galère
! ça commence bien ! Je suis trempée ! Bref ! Je bougonne...
pas longtemps car le pont de Normandie approche.
PONT DE NORMANDIE
Inauguré en janvier 1995, le PONT DE NORMANDIE détenait
le record mondial de portée avec ses 856 mètres de long pour
la travée centrale.... Record détenu jusqu'au 1er mai 1999,
date à laquelle le pont de NORMANDIE, pour 34 mètres,
a dû céder son sceptre, dans la catégorie
des ouvrages à haubans, au PONT DE TATARA au JAPON. Ce dernier
a pulvérisé le record de portée centrale qui atteint
désormais les 890 mètres.
Pour en savoir plus, cliquez ici PONT DE
NORMANDIE
PAYSAGE DE VASIÈRES et
ROSELIÈRES
>> Changement de temps....
Il faut désormais composer avec le
gris.... ce gris cendreux qui envahit le ciel et la Seine lorsque le temps
est au crachin. Franchement pas génial pour le reportage photos.
A la manière des peintres impressionnistes,
je cadre (ma photo du marais) un tiers de SEINE, deux
tiers de CIEL. Le paysage est morne. Quelques vols de cygnes, de cormorans
et de canards nous mets du baume au coeur... mais le temps semble long
! Allez donc faire un tour en attendant sur ce chapitre consacré
au ciel normand... je suis démoralisée
par cette grisaille.
J'abandonne mon poste et je vais de ce
pas me mettre à l'abris dans le carré. Là, j'ouvre
"le livre de bord" du Capitaine afin d'étudier notre parcours. C'est
l'heure de la pause café.
LE PONT DE TANCARVILLE
Me revoilà sur le pont... celui du
Bananec bien sûr...
Construit en 1959, le Pont -celui de
Tancarville cette fois-ci- Vous suivez mon récit n'est-ce-pas !!
Je disais donc que le pont de Tancarville fut
le 1er pont construit sur la Seine entre Rouen et l'estuaire.
Pour être incollable sur la technique des
ponts suspendus, rendez-vous ici LE PONT DE TANCARVILLE
... avec un ciel bleu :-))
Une petite idée de la largeur du fleuve
à cet endroit : 608 mètres.. c'est la longueur de la travée
centrale (entre les deux piliers du pont).
Le code de la navigation nous impose alors de
naviguer au plus près de la rive gauche car , au pied du pont est
situé la sortie de l'écluse de Tancarville.

>> Et déjà en vue le terminal
de radicatel... En fait, il est déjà en vue sur cette photo
mais là, mieux vaut connaître les lieux pour le repérer.
TERMINAL DE RADICATEL
Animé
entre 1978 et 1997 par l'armement irlandais Bell Lines (date
à laquelle il a coulé!), le terminal de Radicatel
a repris du service en 1999 avec la groupe Katoen Natie.
Le quai de 130 mètres de long offre un tirant d'eau de 9 m.
Le portique permet la manutention des conteneurs de 45 pieds, une
force de levage de 45 tonnes.
Y accostent aussi de grands navires spécialisés dans
le
transport de matériels roulants : machines agricoles, engins
de travaux publics etc.
>> Le Bananec met le cap sur la zone industrielle de Port Jérôme
(rive droite) et la cité résidentielle de Quillebeuf (rive
gauche).
Rive droite, rive gauche... rive gauche, rive droite et au centre
le bac !! Il va falloir faire un choix.
Au risque de perdre quelques lecteurs, je mitraille la raffinerie
EXXONMOBIL ou plus exactement le terminal pétrolier. En effet, de
superbes cargos sont là ... enfin de la couleur !
TERMINAL DE PORT-JEROME
Pourquoi des raffineries à Notre-Dame
de Gravenchon ?
Notre-dame de Gravenchon était un village
de 555 habitants dans les années 1930. Son destin a basculé
avec la construction de deux raffineries : ESSO et MOBIL.
ESSO n'est autre la transcription phonétique
de S.O. (STANDARD OIL) dont l'Histoire commença en 1882 avec Rockfeller.
En 1928, la loi Astier incite des producteurs
de pétrole à créer des raffineries en France. Les
compagnies américaines, qui fournissent le marché français,
décident alors de construire en France.
Origine du nom
Le site doit son nom à Napoléon III qui le dédia
à son oncle Jérôme (ex-roi de Westphalie
et décédé le 24 juin 1860. Il fréquentait souvent
cette région) lors de sa visite le 28 mai 1861.
Sa visite avait un double objectif : voir l'avancement des travaux
de la Basse-Seine entrepris depuis 1848 & projet de construction
d'une darse (bassin à flot)
Le terminal pétrolier EXXONMOBIL
Le pétrole brut arrive par mer au Havre. il est déchargé
dans les réservoirs de la C.I.M. (Compagnie Industrielle Maritime)
puis le brut est refoulé à l'aide de pompes jusqu'à
la raffinerie distante de 35 km par pipe-line.
LA SALLE DE CONTRÔLE baptisée "VESSO" (1992)
gère
le chargement des produits pétroliers ainsi que la sécurité
du matériel et des hommes sur le quai de Seine.
Au premier plan l'appontement N°2 où viennent accoster
cargos et chalands.
A droite, en Seine, le pieux LODEHO (du nom du commandant Lodého,
expert marine à ESSO, aujourd'hui à la retraite) qui demanda
sa mise en place pour des raisons de sécurité d'accostage).
"NANNY" amarré à l'appontement N°3- réservé
à l'accostage des plus grands navires- environ 220M de long.
Au second plan, remarquez les différents bras de chargement
de produits pétroliers et les canons incendie.
HÔTEL DES MARINIERS (en brique rouge)
Son nom s'explique par son origine : accueillir la famille des mariniers
en escale qui ne restait pas à bord des chalands pour des raisons
de sécurité.
Aujourd'hui, bâtiment réhabilité en bureaux
pour l'OFFICIER DE PORT de ROUEN, la DOUANE, le SERVICE DU LAMANAGE et
les différentes sociétés de service.
Le "CHARLOTTE THERESA" en cours de chargement à l'appontement
de la MOBIL.
NB : le 1er décembre 1999, après plusieurs années de concurrence, les sociétés EXXON et MOBIL ont fusionnées.
>> Et le Bac de Quillebeuf dans tout ça! Deux chapitres relatent
l'histoire des BACS DE SEINE et des RELATIONS
ENTRE LES DEUX RIVES.


>> Plus de trafic en vue. A nouveau ce paysage morne du marais de
Norville et de brume. C'est l'heure de descendre au carré... Oui
! pour la pause déjeuner... Ne vous y trompez pas ! ce n'est pas
moi la cuisinière... C'est le capitaine qui cuisine... D'ailleurs
sa devise est "le capitaine fait la cuisine... l'équipage fait la
vaisselle"... le tout est annoncé sur un panonceau. L'équipage
est prévenu d'avance !

Surprenant le pilotage automatique
>> "Route des chaumières"... Non! Non! ce n'est pas le nom de notre transat en Seine mais le nom de cette route touristique qui longe la Seine d'Heurteauville à Saint-Opportune-la-Mare, en bordure du Marais Vernier.
Dans un écrin de verdure, VIEUX-PORT ... sur la route
des Chaumières.
Le charmant village d'AIZIER
>> En naviguant dans cette boucle de la Seine, je ne peux m'empêcher de penser au drame qui s'est déroulé sur le fleuve le mardi 23 juin 1987: la collision entre deux tankers le VITORIA et le FUYOH MARU. Une catastrophe sans précédent en Seine, qui me fait encore frissonner...
Station de pompage de NORVILLE
>> En amont de Villequier, nous croisons le BRIMNES
VILLEQUIER... doit sa réputation à la
mort tragique de Léopoldine HUGO et de son mari Charles VACQUERIE
noyés en Seine le 4 septembre 1843.
VILLEQUIER...Maison Vacquerie / MUSEE Victor HUGO
VILLEQUIER... Maisons du front de Seine...
Au pied de l'église, le cimetière où sont enterré
dans le même cercueil Léopoldine et Charles
VILLEQUIER... A la sortie du village, cette maison en brique
de vase était l'ancienne station de pilotage.
VILLEQUIER... Au lieu-dit "le dos d'âne", c'est déroulé
le célèbre drame.
la statue de Victor Hugo se voilant la face est cachée derrière
le bosquet, à gauche.
"Tout à coup, entre deux collines, s'élève
un tourbillon de vent qui, sans que rien n'ait pu le faire pressentir,
s'abat sur la voile et fait brusquement chaviré le canot" ... ainsi
est relaté le drame de la noyade par Alphonse Karr dans le journal
LE SIÈCLE du 10 septembre 1843.
CAUDEBEC-EN-CAUX... Dernier navire que nous croisons en Seine...
dernières sensations fortes... attention à l'onde
! ça vous secoue les tripes !!
CAUDEBEC-EN-CAUX...A droite, cette maison au toit pointu,
recouvert d'ardoises, est l'actuel STATION DE PILOTAGE. C'est dans ce secteur
de la Seine qu'à lieu la relève du pilote
de Seine.
Cap sur Caudebec-en-Caux et le Pont de Brotonne en vue
Je me cramponne, mais j'ai le réflexe
du clic...
PONT DE BROTONNE
Construit en 1977, après celui de Tancarville, Brotonne est
un pont à haubans.
320 mètres : c'est la distance entre les deux pylônes.
Pour en savoir plus, rendez-vous au PONT.
CAUDEBEC-EN-CAUX...
Barre-y-va,
Origine du nom
C'est le nom de ce hameau situé sur une terrasse surplombant
la Seine d'une vingtaine de mètres.. Cette appelation fait allusion
au phénomène du Mascaret qui
s'appelait alors la BARRE et venait au pied de cette terrasse. L'endiguement
et l'approfondissement du chenal ont permis de gagner du terrain et favorisé
l'établissement d'une route directe longeant la Seine entre Caudebec
et Villequier.
La chapelle Notre-Dame de Barre-y-va dédiée
au marins.
Sa construction fait suite à un voeux
exaucé par des marins pêcheurs pris dans une tempête
un jour de 1216. En danger sur le fleuve, ils implorent le secours de la
Vierge... le calme revient. En regagnant la berge, les marins découvrirent
une statue de la Vierge... c'est le début du culte de Notre-Dame
de Barre-y-Va. Le plafond de cette chapelle est en forme de carène
de navire. On y trouve des maquettes de bateaux et nombreux ex-votos.
Nous
passons devant le Musée de la Marine de Seine qui abrite
la dernière gribane de Seine. Construite
en 1886, elle participa à l'endiguement
du fleuve.Les derniers travaux se sont achevés à l'estuaire
en 1963 et à mis fin au phénomène naturel du mascaret.
Le
mascaret est une haute vague déferlante remontant certains estuaires
à marée montante et pouvant être dangereuse pour la
navigation. Un audiovisuel retrace les meilleurs moments.
Sous le hangar, la visite permet aussi de découvrir
l'histoire d'un voilier de régate LE CHAT.
>> escale à CAUDEBEC-EN-CAUX
Nous accostons au ponton. Je le connais bien
ce ponton. C'est là que tous les bateaux-fluviaux de croisière
y accostent. Combien de fois aie-je franchi la passerelle pour monter à
bord du DOUCE FRANCE, du RENOIR ou du NORMANDIE.
Mais là... oh! Surprise! Je constate
avec frayeur que ce ponton n'est absolument pas adapté pour l'accostage
des voiliers. Pas d'échelle pour grimper ! Quel accueil pour les
plaisanciers !
En attendant, je bougonne.
Pas sportive, vous me direz, notre SEQUANA-NORMANDIE...
mais si ! Mais si ! J'ai tout simplement oublié de vous dire
que, parmi les passagers, il y a un clandestin à bord... Adrien
était du voyage! Il naîtra deux mois plus tard...
"A
mes équipiers absents le 16 décembre 2000
![]()
![]()
![]()
Cher BANANEC BLUES
Dans l'aube tiède du soleil levant
C'est le début de l'errance,
De la Manche à la mer Noire
C'est l'appareillage pour ta TRANSEUROPEA,
A ton bord...
mes premières navigation,
mes premières sensations,
mes premières émotions,
A regarder la mer et le ciel,
A photographier la Seine,
A écouter le chant de tes voiles,
A goûter le vent,
A barrer par tous les temps.
Venu de la terre des Glénans
Où la mer couche le soleil,
Je te souhaite BON VENT
Au pays du soleil levant
![]()
![]()
![]()
![]()