LE LATHAM 47Mémorial du Latham 47 à Caudebec-en-Caux
 

UN ÉPISODE TRAGIQUE DE L'HISTOIRE DE LA CONQUÊTE DU POLE NORD
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RÉSUME -HISTOIRE DÉTAILLÉE EN BAS DE PAGE-
le trajet du Latham 47(en rouge)Le 25 mai 1928, au retour d'une expédition au pôle nord, le dirigeable italien ITALIA, commandé par le Général NOBILE Umberto, s'écrase sur la banquise. La nacelle culbute; une partie de la cabine est arrachée,  tombe sur la banquise puis repart avec six hommes à bord : on ne les reverra jamais....
Neuf hommes ont été projeté sur la glace avec un peu de vivres, d'équipements (tente) et un poste émetteur.
Huit jours après l'accident, un radio amateur soviétique capte un S.O.S.
==> un avion italien décolle du Spitzbert et ne reviendra jamais....
==> L'explorateur Roald Amundsen demande alors au gouvernement français de l'aider à porter secours aux italiens naufragés du dirigeable ITALIA tombé sur la banquise.

Photo : trait rouge = le trajet du Latham 47
 
 


Photo : © DALL' AGLIO




LE RÔLE DU LATHAM 47 :


LE MÉMORIAL à CAUDEBEC-EN-CAUX
(Normandie-France)

L'ensemble représente un hydravion de grandeur naturelle. Son fuselage est encastré dans le chaos d'un iceberg, qui forme le fond du monument. Seuls le front et les ailes de l'hydravion sont visibles.

Il fut inauguré le 21 juin 1931.
Il est érigé en face de l'usine où il fut construit (aujourd'hui la Révima) et d'où il partit le 16 juin 1928 avec son équipage caudebequais.
Le jour de l'inauguration, Umberto NOBILE se trouvait dans la foule. ( pour mémo : Nobile est mort à Rome en 1978 à 93 ans...)
La réalisation du monument est due à l'architecte Léon Rey et au sculpteur Robert Delandre.
 
 

On peut y lire :

Les noms de l'équipage :
Photo, de gauche à droite : le second radio maître Valette, le lieutenant de Vaisseau de Cuverville, le commandant Guilbaud et le mécanicien Brazy
 
 

Au centre du monuments :

"A CEUX DU LATHAM 47

 

reliques du latham 47 conservées au Musée de l'Air

Au mois de septembre 1928, le croiseur "Strasbourg" remit au Ministère de la Marine une caisse contenant le flotteur babord de l'appareil ainsi que deux réservoirs d'essence. Ceux-ci avait été trouvés à la dérive par des pêcheurs nordiques au cours de l'été.
Deux de ces pièces sont conservées au Musée de l'Air.
Le 2ème réservoir a été donné aux Norvégiens en souvenir d'Admundsen.
 
 
 

BIBLIOGRAPHIE :l'île du Spitzberg

FILMOGRAPHIE



HISTOIRE DETAILLEE


© DALL'AGLIO
LE DRAME
Au retour d'une mission au dessus du pôle nord, l'aéronef ITALIA avec seize hommes à bord -14 Italiens, 1 Suédois, 1 Tchèque- s'écrase sur la banquise. Il était dirigé par le général NOBILE, considéré comme l'un des plus grands spécialistes du "plus léger que l'air".
Le 23 mai 1928, le ballon s'envole de KING'S BAY, dans le Spitzberg, où était établi sa base et où un navire de soutien, le poseur de câble CITTA DI MILANO commandé par le capitaine Romangna servait de relais radio. Après 20 heures de vol sans histoire, l'ITALIA poussé par un violent vent arrière atteint le pôle Nord, puis craignant la tempête fait demi-tour.
Pendant plus de 24 heures, l'aéronef lutte dans la tourmente. Finalement le 25 mai à 10h33, après un dernier message angoissé, l'appareil s'écrase sur la glace. Dans le choc, une partie de la cabine se détache et le ballon repart entraînant dans l'inconnu six membres de l'équipage dont on ne retrouvera jamais trace.
Sur la banquise - neuf survivants
                        - trois blessés dont le plus gravement atteint est le général Nobile (une jambe, un bras et des côtes fracturées)
                        - une chienne mascotte Titiana
                        - un homme est mort au moment de la catastrophe.
Les naufragés retrouvent parmi les débris éparpillés sur la glace une tente qu'ils teignent en rouge pour la rendre plus visible, du ravitaillement et surtout un poste récepteur émetteur de radio.
MOBILISATION MONDIALE
Sur le CITTA DI MILANO, dès l'interruption des communications, on a compris qu'un drame vient de se produire.
Bientôt le monde entier est au courant. En Europe, en Amérique, tout de suite on prépare des expéditions de secours.
Le gouvernement norvégien envoie un groupe d'avions militaires. Les autres pays scandinaves suivent l'exemple. Un hydravion part d'Italie.
De partout des sauveteurs se précipitent vers l'Arctique.
Au total, vingt-six navires, dix-huit hydravions, treize avions, quinze cents hommes (italiens, suédois, norvégiens, russes, américains, français, danois - s'engagent dans cette lutte incroyable à travers ces glaces.
Mais on est toujours sans nouvelles de l'ITALIA. Malgré tous les efforts du radio Biagi, personne n'a encore entendu les S.O.S. désespérés des survivants.
Trois, quatre, cinq jours se passent. Toujours rien. Et l'angoisse des survivants augmente.
Alors le 30 mai, trois d'entre eux -le suédois Malmgren et les italiens Zappi et Mariano- décident de partir à pied à la recherche de secours. Ils espèrent en trois semaines environ atteindre la terre d'où ils seront facilement repérables.
Enfin le 3 juin, un jeune amateur au nord de la Russie, capte le S.O.S. de l'ITALIA qui donne la position exacte des naufragés.
Le 8 juin, la tente rouge et le CITTA DI MILANO établissent une liaison radio qui se poursuivra pendant un mois, car il faut un mois pour sauver les naufragés qui campent à mois de 300 km à vol d'avion de King's Bay.

LE SAUVETAGE
11 JUIN : le norvégien Riis Larsen s'embarque à King's Bay à bord du petit baleinier le HOBBY pour essayer de s'approcher au maximum  de la tente rouge.
Trois aviateurs suèdois survolent la glace pendant des heures sans rien repérer.
En France,à l'appel d'Amundsen, on prépare fébrilement un hydravion le LATHAM 47. Commandé par le capitaine de corvette GUILBAUD, emportant un équipage de quatre hommes, cet appareil - l'un des plus modernes du monde- devait s'élançait pour un raid record vers l'Amérique. Le gouvernement français décide de le mettre à disposition du célèbre explorateur norvégien.
13 JUIN : un détachement de trois italiens, accompagné d'un guide norvégien est débarqué par le BRAGANZA, sur la terre du Nord-Est, munis de traîneaux à chiens, ils doivent traverser toute l'île et installer des dépôts de vivres le plus près possible des naufragés.
14 JUIN : un nouveau drame se joue sur la banquise. Les trois hommes, qui avaient quitté la tente rouge le 30 mai n'avancent presque plus.
A cause de la dérive des glaces, ils ont parcouru réellement à peine plus de vingt kilomètres, en quinze jours d'efforts surhumains.
Le suèdois Malmgren épuisé, à bout de forces, doit être, à sa demande, abandonné par ses deux compagnons Zappi et Mariano. Bien plus tard, des rumeurs atroces courront que les deux italiens ont mangé le corps de leur camarade.
15 JUIN : le KRASSIN, le plus gros des brise-glace soviétiques, appareille de Leningrad pour participer aux recherches. Il transporte un hydravion spécialement équipé pour cette mission.
17 JUIN : pour la première fois, les naufragés entendent les moteurs. Ils se précipitent dehors et aperçoivent deux hydravions. Ils font de grands signes, allument des feux, agitent des drapeaux, lancent des fusées, mais les pilotes norvégiens ne les voient pas, éblouis par le soleil qui transforme la glace en un miroir aveuglant.

DISPARITION DE L'HYDRAVION FRANÇAIS
18 JUIN : En Norvège, le LATHAM 47 fait escale à Tronsoë et prend à son bord Amundsen et son adjoint. L'appareil s'envole dans l'après midi.
Un dernier message radio à 18h45 puis le silence. On ne retrouvera jamais trace des six hommes du Latham. Jamais on ne connaîtra leur sort.On pense que leur hydravion s'est abîmé en mer, quelque part dans le Nord. Deux mois plus tard, un pêcheur retrouvera dérivant sur la mer un des flotteurs de l'hydravion.
19 JUIN : l'italien MADDALENA puis le norvégien Riis-Larsen survolent la tente rouge, toujours sans la voir.
20 JUIN : Cette fois, ça y est ! Maddalena repère les naufragés. il réussit même à leur larguer des colis dont la plupart s'écrasent sur la banquise sans qu'on puisse les récupérer.
21 JUIN : la tempête empêche tout vol.
22 JUIN : Maddalena survole à nouveau la tente rouge, accompagné d'un hydravion norvégien. Ils lâchent encore des colis, mieux emballés cette fois. Plus tard, deux autres hydravions suédois largent un message demandant aux naufragés de préparer un terrain d'atterrissage sur la banquise pour permettre à un petit avion munis de skis de venir les chercher. Pendant ce temps, à quelque 20 kilomètres de là, Zappi et Mariano épuisé, voient durant plusieurs jours, ces avions les survoler sans jamais être repérés.

NOBILE SAUVE
23 JUIN : le lieutenant suédois Lundorg, accompagné du co-pilote Schyberg réussit à poser son petit appareil sur la banquise. Il refuse d'embarquer qui que ce soit d'autre que le général Nobile, disant qu'il a des ordres formels. Le chef de l'expédition finit par céder, pensant qu'il pourra être utile sur le CITTA DI MILANO pour mieux organiser le sauvetage. On lui reprochera longtemps d'avoir abandonné ses amis.
lundborg dépose Nobile à sa base, puis après quelques heures de détente, repart seul cette fois pour la tente rouge. Mais son avion capote à l'atterrissage. il n'est pas blessé mais il se trouve maintenant prisonnier à son tour des glaces.
24 JUIN : une effroyable tempête s'abat sur la banquise. Toues les recherches doivent être interrompues.
Au nord de la Norvège, des navires patrouillent à la recherche du LATHAM de Guilbaud- Amundsen.

LES SAUVETAGES
27 JUIN : Zappi et Mariano épuisés, s'arrêtent.
29 JUIN : la tempête se calme enfin. Un avion russe survole le groupe Sora qui a perdu presque tous ses chiens.
1 er JUILLET : trois hydravions tentent en vain de retrouver la tente rouge. le morceau de banquise sur lequel elle se trouve a dérivé d'une dizaine de kilomètres.
3 JUILLET : le Krassin, le gros brise-glace soviétique approche enfin du lieu de la catastrophe.
4 JUILLET : le groupe Sora à moins de 30 km de la tente rouge s'arrête. ils ont perdu tout leur chiens, presque tout leur ravitaillement.
5 JUILLET : le KRASSIN est bloqué. Dans sa lutte contre la banquise, il a subi de graves avaries. Des scaphandriers travaillant dans l'eau glacée mettront 3 jours à effectuer les réparations.
6 JUILLET : il fait beau. Le pilote suédois Kkyborg réussi à atterrir près de la tente rouge. Il évacue son ami et compatriote Lundborg.
Mais la banquise est de plus en plus disloquée. Aucun nouvel atterrissage n'est possible.
7 JUILLET : un avion survole le groupe Sora sans les voir.
8 JUILLET : Chucknovsky s'envole du KRASSIN accompagné par trois membres d'équipage. Il survole d'abord Sora sans le repérer puis passe au dessus de Zappi et Mariano dont il signale la position au brise-glace.
A son retour, pris dans le brouillard, il fait un atterrissage forcé. Après douze heures de silence, il réussit à contacter le KRASSIN et signale sa position. Il n'y a pas de blessés et possède du ravitaillement.
11 JUILLET : le KRASSIN rejoint Zappi et Mariano. Il était temps. Les deux italiens n'avaient plus rien à manger depuis une dizaine de jours. Mariano a de graves gelures. Il faudra dailleurs l'amputer d'une jambe.

QUATORZE MORTS SUR LA BANQUISE
12 JUILLET : le KRASSIN a parcouru à peine dix kilomètres. Il repère Sora qui seront récupérés par avions.
En fin d'après midi, il atteint la tente rouge. Quarante neuf jours après la catastrophe de l'ITALIA, les survivants sont sauvés.
15 JUILLET : le  KRASSIN retrouve Chuckhnovsky et son équipage.

TOUT EST FINI !

le bilan : il reste quatorze cadavres sur la banquise

Soit sept ITALIENS, quatre FRANÇAIS, deux NORVÉGIENS, un SUÉDOIS;


LES COMMÉMORATIONS


télégramme de Nobile pour les commémoration de 1971
"Prière me considérer présent à la manifestation en souvenir
courageux aviateurs du Latham qui périrent 18 juin 1928
dans l'Arctique en volant au secours des naufragés du
dirigeable Italia"
 



Lettre de NOBILE à Monsieur DALL'AGLIO
"En remerciements pour votre présence à l'hommage,
vous et les autres italiens, en France, chaque année
à la mémoire de Guilbaud, Brazy, De Cuverville, Valette
Roma, 16 mai 1971"



 
 
  


Fin
Dossier crée le 5 Août 1999
modifié 12 août 2004
par SEQUANA-NORMANDIE
photos  et documents : DALL' AGLIO
 http://www.sequana-normandie.com
 sequana.ndie@infonie.fr