
Définition :
Arrivée
du Mascaret à TANCARVILLE
Quand le mascaret avait-il lieu ?
Trois conditions sont nécessaires à la réalisation du mascaret :
1
- Il faut que le fleuve se jette dans un bassin maritime soumis à
des marées de grande amplitude.
C'est le cas de la Seine qui est soumise aux influences de la marée
(amplitude de 7 à 9 mètres au niveau de l'estuaire) - Pour
comprendre les marées-
2 - Il faut que l'estuaire soit en forme d'entonnoir.
3 - Enfin, que le fond du fleuve remonte en pente douce.
La Seine a seulement 26 mètres de dénivellation entre Paris
et la mer (365 km) !!
Origine du mot :
Comment affronter la vague ?
L'un des bacs de Caudebec-en-Caux, l'UNION DES DEUX RIVES a coulé à cause du mascaret.
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les panneaux signalant l'arrivée du mascaret
s'échelonnent encore sur les berges de la Seine
Pourquoi le mascaret a-t-il pratiquement
disparu ?
Voici le phénomène
du Mascaret relaté par la presse de l'époque
article paru dans le Paris-Normandie du 8 avril
1958
Avec l'aimable autorisation de Paris-Normandie
(COPYRIGHT)
Poème d'Auguste Vacquerie
LE MASCARET de Pâques a valu à Caudebec-en-Caux
le plus bel embouteillage de son histoire
Quelques-uns des 20.000 spectateurs y reçurent une douche mémorableL' heureuse conjonction d'un mascaret particulièrement spectaculaire et du week-end pascal, s'est traduite, dimanche matin, par une affluence de curieux sur les bords de la Seine, dépassant les prévisions les plus optimistes.
La plus forte "barre" passa samedi matin. Mais l'heure relativement avancée (10h) et le temps peu ensoleillé n'avaient guerre favorisé les déplacements et seulement quelques centaines de personne assistèrent au phénomène.
Par contre, il n'est pas exagéré d'estimer à quelque 20 000 personnes la foule des curieux qui, sur plusieurs kilomètres et sur les deux rives, attendait dimanche, dès 10 h le passage de la barre, prévu pour 10 h 45.
Trois points de concentration principaux : La Mailleraye pour la rive gauche, Villequier et Caudebec-en-Caux pour la rive droite. Mais c'est sur le quai de Caudebec que se pressait le plus grand nombre. Sans doute plus de 10 000 personnes.
Au caprice d'un ciel nuageux, le soleil venait, par instant faire danser le flot, que frisait un vent rescapé de l'hiver. Ce n'était, certes, pas le temps rêvé, mais il faisait "assez beau pour la saison", c'est-à-dire un temps dont les Normands ont pris l'habitude de se contenter.
Le spectacle fut bref. La voilà ! s'écrièrent presqu'ensemble des centaines d'habitués avisés qui, depuis plusieurs minutes scrutaient en silence la courbe de Villequier. Blanche et nette, la barre s'avança lentement, inexorablement. Elle vint alors se briser sur la cale de Caudebec, en une énorme gerbe sale, trempant au passage les quelques imprudents qui avaient négligé les conseils du haut-parleur et n'avaient pas pris à temps le recul nécessaire. Ce second aspect du spectacle ne fut d'ailleurs pas le moins goûté. Du moins, de ceux qui avaient pu rester secs.
"Le flot arrive, le flot arrive! Reculez!" hurlait le haut-parleur. Mais ceux qui ignorent la soudaineté et la violence du mascaret ne crurent pas ces sages conseils. La vague monta, déferla, balaya le quai et une bonne vingtaine de spectateurs qui, la prochaine fois, prendront un peu plus de recul.
La barre, elle, impassible, poursuivait déjà sa route vers d'autres curieux, d'autres rivages, toujours plus en amont...
C'est là que "l'exode" commença. Dix mille personnes se ruèrent ensemble sur les 3 000 voitures qui les avaient amenées. L'arrivée, étalée sur deux heures environ s'était bien passée, sauf peut-être pour les derniers venus, qui ne trouvèrent à se garer qu'à grand-peine. Il n'en fut pas de même pour le départ. Trois mille voitures qui démarrent dans le même quart d'heure, ça se remarque! Et ça se traduit inévitablement par un embouteillage. Celui que connut Caudebec, après le mascaret de dimanche matin marquera dans les annales de la charmante cité cauchoise. A midi trente et malgré le remarquable service d'ordre mis en place par la gendarmerie, on roulait encore à cinq à l'heure et la traversée de Caudebec, de la mairie au bac, prenait une bonne demi-heure.
Mais, à cette heure-là, le soleil brillait... Et en attendant de prendre le chemin du retour, les 10 000 visiteurs, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, cherchaient déjà les mots avec lesquels ils raconteraient à "ceux qui n'y étaient pas" ce qu'est un mascaret, un dimanche de Pâques.... Jacques HUGUERRE
LE MASCARET O mon village abrité
Par les collines boisées !
Oiseaux nichés aux croisées !
Verte fraîcheur de l'été !Le miroir de l'eau répète
La tranquillité des cieux ;
Le fleuve silencieux
Sommeille... Soudain, tempête !Sur la rive où nous causons
La vague se rue, arrache
Les pierres des quais, et crache
Au visage des maisons !Tout tremble de sa furie.
C'est le seigneur Océan
Qui va du Havre à Rouen
Avec sa cavalerie,Et les yeux émerveillés
Sur tout le fleuve qui fume
Voient se cabrer blancs d'écume
De grands flots échevelés.Le vent s'éteint dans les voiles ;
L'eau s'endort ; et, tout le soir,
Du banc où je viens m'asseoir,
J'assiste au bain des étoiles."Mes premières années de Paris"
1877
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Tableau de TurnerPeintre paysagiste anglais (1775-1861) exposé au musée Gulbenkian à Lisbonne.
Ce tableau représente l'arrivée du mascaret à QUILLEBEUF.
La construction du phare de Quillebeuf - 1818 - nous permet de dater le tableau d'après cette date.
MASCARET A CAUDEBEC 1938
LE MASCARET devant la centrale EDF en construction
-YAINVILLE- 1949
copyright : photo Paul BONMARTEL
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Le Mascaret à Caudebec-en-Caux
extrait du journal "LE PETIT
PARISIEN" du Dimanche 4 octobre 1903
"C'est
un spectacle, auquel une foule considérable assiste chaque année,
que le mascaret de la Seine.
On se rend généralement à Caudebec, où
le phénomène se manifeste le plus violemment. le mascaret
est produit par la rencontre des eaux d'un fleuve et les flots de la mer.
Quand la marée est moyenne, le courant du fleuve l'emporte, et il
n'y a alors qu'un clapotis plus ou moins fort. Mais aux grandes marées
d'équinoxe, c'est au contraire les flots de la mer qui refoulent
ceux du fleuve, et il arrive alors que ces deux masses d'eau se heurtent
avec une impétuosité inouïe et forment une montagne
écumeuse dont la hauteur est extraordinaire.
A Caudebec, cette rencontre est d'autant plus imposante qu'en raison
précisément du mascaret, qu'on redoutait jadis, le fleuve,
resserré, a été encaissé de façon à
protéger les riverains.
On est prévenu de l'arrivée du flot de mer par un
mugissement
puissant, et quand il l'emporte sur le courant du fleuve, il remonte
avec d'autant plus de force qu'il a été plus longtemps contenu
; il bat les rives de ses extrémités jaillissantes et se
brise au milieu en cascades, comme pour donner au fleuve le temps de masser
à nouveau ses ondes afin de recommencer la lutte.
Lutte vraiment superbe et qui justifie bien l'empressement des curieux
à se rendre à Caudebec pour la voir."
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UNE VICTIME PARMI TANT D'AUTRES....

Plaque commémorative sur les bords de Seine de Caudebec-en-Caux
"En souvenir de Madame LEBRETON née Jacqueline Gremont
1938- 1961
enlevée par le mascaret le 17 février 1961"
le Courrier Cauchois dans son édition du 25 février 1961
nous donne les informations suivantes :
"LE MASCARET A FAIT UNE VICTIME : cette havraise happée
vendredi alors qu'elle le contemplait pour la première fois"
Demeurant au Havre, M. Lebreton et sa jeune femme, décidait
de se rendre à Caudebec. En effet, le mascaret était annoncé
à 23h. Coté au coefficient 111, il était considéré
comme devant être l'une des plus belles barres.
A Caudebec, ils se mêlèrent aux quelques curieux, qui
malgré l'heure tardive, étaient venus assister au spectacle.
La plupart des personnes présentes se tenaient à l'écart
des berges du fleuve, connaissant déjà les surprises désagréables
que produisent certains Mascarets. Mais M. et Mme Lebreton et leurs parents
ignoraient sans doute ce détail car ils s'installèrent à
côté de l'escalier de la cale aux moules, à l'endroit
précis où la vague, arrivant à la vitesse d'un cheval
au galop, se brise en jaillissant violemment sur l'esplanade.
Habituellement, lors des passages de JOUR, un service municipal
de surveillance interdit aux visiteurs d'approcher trop près et
leur demande de reculer. Mais il n'existe en principe aucun service d'ordre
la NUIT. De plus il n'y avait pas d'éclairage sur les berges de
la Seine : pour pallier à cette déficience, un chauffeur
de car voulut bien braquer son véhicule et ses phares dans la direction
d'où allait surgir le Mascaret.
Quand la barre survint, à 22h59 exactement, aucun des quatre
Havrais n'eut le temps de s'éloigner. En une seconde, tous furent
pris dans le flot limoneux et renversés. Mme Lebreton, qui s'était
abritée sous le manteau de son mari et lui tenait la main jusqu'alors,
lui lâcha la main. M. Lebreton fut blessa aux mains et à la
jambe mais quand il se releva il chercha sa femme. Il ne la vit pas, l'appela
mais ne reçut aucune réponse.....
Selon plusieurs témoins, la malheureuse en perdant l'équilibre
avait tenté de s'agripper, mais la vague déferlante s'était
refermée sur elle et l'avait emportée.
A l'heure où était imprimé cet article de presse,
le corps de la jeune femme -qui était enceinte- n'avait toujours
pas était retrouvé...."
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"VOYAGE HISTORIQUE ET PITTORESQUE DU HAVRE
A ROUEN EN BATEAU A VAPEUR"
par Morlent - 1836 Voici
un extrait "la barre en SEINE"
"Cet effrayant phénomène, c'était
la barre, monstre marin redoutable, auquel tous les ans la Seine immole
des victimes. Tantôt elle se montre vers Grestain, tantôt sous
la grève d'Orcher, quelquefois sur une seule rive, souvent sur les
deux. D'abord, elle s'annonce par un léger frémissement dans
l'eau ; un petit flot s'élève ensuite ; il remonte doucement
contre le courant ; déjà l'obstacle qu éprouve la
barre semble l'irriter : elle murmure et se couvre d'une légère
écume ; au moment où elle s'est formée, on pouvait
la suivre au pas ordinaire, à présent il faut courir pour
l'atteindre. Contrainte et resserrée au milieu des passes étroites
des bancs, elle paraît s'indigner des nouveaux obstacles qui gênent
son passage ; un bruissement la précède, sa rapidité
devient bientôt celle d'un torrent ; imposant et superbe, un mugissement
tumultueux signale sa marche. Ses vagues couronnées d'écumes
élèvent leurs ailes inégales : elles semblent obéir
à des vents sous-marins. Arrivée sur les bancs de Quillebeuf,
elle se déroule avec fracas au milieu d'eux. Bientôt elle
occupe tout le passage, trop étroit pour le volume d'eau qui la
suit ; elle remonte à contre-courant, pousse tout ce qu'elle trouve
devant elle, frappe indistinctement les objets qu'elle rencontre, détruit
les portions angulaires des terres qui l'arrêtent, inonde les prairies,
dévore les îles ou en forme d'autres et consterne le cultivateur
dont elle engloutit les possessions, en portant partout la désolation
et l'effroi.
Cette barre terrible pour les navigateurs a pour cause
le refoulement des eaux de la Seine par le flot de la marée montante
; c'est à l'époque de la pleine ou la nouvelle lune et des
équinoxes, qu'elle est le plus à craindre : malheur aux marins
qui oseraient alors braver sans le secours d'un pilote
!
Ils périraient infailliblement. Le passage ne dure ordinairement
qu'un quart d'heure, mais il inspire tant de frayeur, que le temps parait
d'une longueur insupportable.
Telle est la barre que rencontrent les navires qui
viennent de Rouen..".
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Mémoire
du fleuve
"LA SEINE AU TEMPS DU MASCARET"
J.-J. MALANDAIN a travaillé
le sujet du mascaret à
l'époque de la création du Musée de la Marine de Seine
de Caudebec-en-Caux. Ces recherches ont donné lieu à la publication
de l'article du Chasse-Marée de 1988.
Ingénieur à l'Université
de Rouen, l'auteur développe des sujets très techniques (influence
de la Lune sur les marées ; les ondes solitaires et les conditions
de formation ; recherche historique sur le phénomène etc...).
Il nous livre aussi les combats de l'homme pour lutter contre le phénomène.
De nombreux croquis et photos illustrent ses propos.
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Pour "naviguer" sur les mascarets
en FRANCE :
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